En architecture militaire, le glacis est un terrain découvert, généralement aménagé en pente douce à partir des éléments extérieurs d’un ouvrage fortifié, sur la contrescarpe. Il a pour fonction de n’offrir aucun abri à d’éventuels assaillants et de dégager le champ de tir et de vision des défenseurs. Le terme désigne également un talus en pente, érigé en pierre à la base extérieure d’une muraille, pour renforcer sa stabilité et empêcher le travail de sape des assiégeants. Ces pentes solides permettaient aussi aux projectiles lancés depuis les remparts de ricocher vers les ennemis. Le glacis était suivi du chemin couvert, qui donnait la possibilité à des soldats armés de courte portée de défendre la position sans être directement exposés. Il se trouvait ainsi sous la protection conjuguée du feu des fusils et de l’artillerie placée sur les bastions et les courtines de la forteresse.
Avec les progrès de l’artillerie, la conception du glacis a profondément évolué. À l’époque médiévale, lorsque les armes de jet et les catapultes dominaient, les fortifications présentaient des murs hauts et presque verticaux ; le glacis servait surtout à empêcher les assaillants de s’approcher ou de miner la base des murailles.
À partir du XVe siècle, l’apparition du canon bouleverse cet équilibre. Les projectiles capables de détruire les murs de pierre imposent une transformation : les fortifications s’abaissent, s’épaississent et s’enfouissent partiellement dans le sol, donnant naissance aux fortifications bastionnées. Le glacis devient alors un élément essentiel pour prolonger la défense : il masque la base des ouvrages, absorbe les impacts et permet au feu des défenseurs de battre l’approche ennemie.
Aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, avec l’amélioration de la portée et de la précision de l’artillerie, le glacis s’allonge et s’adoucit pour mieux dévier les projectiles. Son rôle évolue davantage vers la dissimulation et la protection des parties vitales de la fortification, désormais semi-enterrées.
Enfin, à partir de la fin du XIXᵉ siècle et surtout au XXᵉ siècle, avec l’apparition des obus explosifs et de l’artillerie à tir courbe, le glacis traditionnel perd sa pertinence. Les fortifications modernes deviennent souterraines, camouflées et dispersées, et le concept du glacis se transforme en zones de dégagement et de protection, plus liées au relief naturel ou à l’aménagement du terrain qu’à une structure architecturale fixe.