Pour se protéger des assauts de l’infanterie ennemie, le fort était entouré d’un fossé constituant une défense passive. Cependant, ce fossé n’aurait pas suffi à lui seul s’il n’avait été défendu par des casemates basses formant saillie sur le mur d’escarpe, appelées *caponnières*.
Ces caponnières étaient elles-mêmes entourées d’un petit fossé destiné à empêcher d’éventuels assaillants ayant réussi à descendre dans le fossé principal d’approcher les embrasures. Ce fossé secondaire recueillait également les débris de maçonnerie projetés lors des bombardements afin d’éviter qu’ils ne viennent obstruer les ouvertures de tir.
Surmontées de banquettes de tir accessibles depuis l’intérieur, les caponnières étaient reliées aux casernements du fort par une galerie souterraine en plan incliné.
Elles comprenaient :
- des embrasures pour canons (généralement deux par direction à battre), placées sous visière ou débouchant directement à l’extérieur ;
- des embrasures d’infanterie pour fusils, assurant la défense rapprochée ;
- des créneaux de pied, permettant de lancer des grenades dans le petit fossé entourant la caponnière.
L’armement des caponnières évolua au fil du temps :
- avant 1880, elles étaient équipées de canons de calibres 4, 5 ou 7, se chargeant par la bouche, ainsi que de mitrailleuses Reffye ;
- après 1880, elles reçurent des canons de 12 à culasse et des canons-revolver Hotchkiss, armes plus modernes et adaptées à la défense rapprochée des fossés.