Les tourelles d’observation cuirassées sont généralement installées sur des points élevés, en avant ou sur les côtés des batteries, avec lesquelles elles communiquent par des galeries souterraines. Dans certains cas, elles peuvent être directement attenantes aux batteries. Le modèle 1896 est destiné à diriger le tir des batteries cuirassées. Les premières installations de ce type apparaissent dans la batterie cuirassée pour obusiers de 21 cm du Feste Mainstein, puis dans celles pour obusiers de 15 cm de la première ligne de défense. Par la suite, elles équipent les groupes fortifiés des fronts ouest et sud.
Leur toiture, légèrement conique, est en acier au nickel. Elle comporte des créneaux symétriques pour l’emploi d’une lunette binoculaire et, à l’opposé, une large ouverture destinée aux jumelles. L’observatoire comprend deux niveaux : à l’étage supérieur, la chambre d’observation ; au niveau inférieur, le local de manœuvre. Le fonctionnement nécessite un sous-officier observateur et un opérateur dans le local de manœuvre. Ce dernier soulève légèrement la tourelle pour la désolidariser de l’avant-cuirasse, permettant ensuite à l’observateur d’en effectuer la rotation, selon le même principe que les tourelles d’affût cuirassé.
L’observation s’effectue en deux phases : l’objectif est d’abord repéré à travers le large créneau de recherche à l’aide de jumelles ou du viseur et du guidon du support ; l’azimut relevé sur la graduation circulaire de l’avant-cuirasse est ensuite utilisé pour un réglage précis. En quinze secondes, la tourelle peut pivoter de 180°, amenant l’objectif dans le champ de la lunette binoculaire servant de télémètre. Le plancher de la chambre d’observation peut être ajusté en hauteur selon la taille de l’observateur. La tourelle mesure 150 mm d’épaisseur, avec un doublage supplémentaire de 40 mm, et son poids total atteint 70,5 tonnes.
Large créneau pour jumelles
Créneaux symétriques pour lunette binoculaire