Dans la fortification polygonale de la fin du XIXᵉ siècle (notamment dans les systèmes Séré de Rivières en France et Biehler en Allemagne), l’abri-traverse à l’épreuve est une traverse renforcée, conçue pour protéger efficacement le personnel et les munitions contre les effets des bombardements modernes.
- Fonction principale :
Protéger le personnel, les pièces de rechange, et les approvisionnements des éclats d’obus et des explosions.
« À l’épreuve » signifie que l’ouvrage est capable de résister aux obus de siège de l’époque.
- Structure :
- C’est un massif de maçonnerie voûté et recouvert d’une couche de terre épaisse (souvent plusieurs mètres), ce qui absorbe l’énergie des projectiles.
- La galerie interne, souvent voûtée en berceau, sert d’abri casematé.
- L’ensemble est inséré en travers de la rue du rempart, entre deux plateformes de tir.
- Rôle tactique :
En plus d’offrir un espace sécurisé, la traverse elle-même interrompt les feux d’enfilade, empêchant que les éclats ou tirs directs puissent balayer toute une ligne de défense.
-Résistance:
- On considère qu’un abri-traverse “à l’épreuve” doit résister :
- aux obus explosifs de 120 mm (dans les projets des années 1870),
- puis, avec l’apparition des obus-torpilles (vers 1885), à des impacts beaucoup plus puissants, ce qui conduit à renforcer les voûtes en béton hydraulique et à augmenter la couche de terre protectrice.
- Évolution :
Ces ouvrages deviennent de plus en plus perfectionnés avec le progrès de l’artillerie : on y ajoute des entrées protégées, des puits d’aération, voire des accès souterrains communiquant avec les galeries du fort.