À Metz, la défense des intervalles — c’est-à-dire les espaces entre les ouvrages fortifiés — n’est pas prévue lors de la conception initiale des Groupes Fortifiés. L’attention se porte principalement sur l’action lointaine de l’artillerie, contrairement à la doctrine française qui accorde une importance capitale au flanquement du terrain.
Ce n’est qu’à partir de 1909, avec la construction des Groupes Fortifiés du front est, que les premiers organes de flanquement apparaissent, notamment au Groupe Fortifié Wagner et à l’ouvrage de Mey. En 1911, ils sont également installés dans les Groupes Fortifiés Luitpold et Von der Goltz.
Sur le front nord-ouest, en avant du Groupe Fortifié Lothringen, quatre casemates de flanquement sont construites à partir de 1913. Elles assurent la défense du terrain en avant des ouvrages et du fossé longeant la crête d’Horimont. La dernière casemate de flanquement est édifiée en 1915 à l’ouvrage d’infanterie de Marival, afin de protéger le vallon de la Mance et les abords du Groupe Fortifié Kronprinz.
Ces casemates sont armées de deux canons de 7,7 cm montés sur affûts de casemate, d’une cloche de guet élargie et d’un projecteur protégé par un blindage, sauf à l’ouvrage de Mey qui n’en possède pas. Les canons, dont la portée atteint 6,3 km, sont installés derrière une paroi cuirassée insérée dans le mur frontal.
Cette paroi, en acier au nickel, mesure environ 4,8 mètres sur 3,2 mètres pour une épaisseur de 10 centimètres. Fabriquée par les établissements Krupp-Gruson à Magdebourg, elle est percée de deux créneaux de tir munis de fentes de visée, obturables par des volets blindés coulissants de 40 millimètres d’épaisseur manœuvrés par contrepoids. Entre les deux pièces se trouve un créneau d’observation utilisé pendant les interruptions de tir.
L’observation et la conduite du tir sont assurées depuis une cloche de guet légèrement plus grande que les modèles standards (environ dix centimètres de plus en diamètre). Également en acier au nickel, elle comporte des créneaux dont la taille, le nombre et l’inclinaison sont adaptés au terrain, offrant une vue complète sur la zone battue et permettant de repérer l’ennemi avant qu’il n’entre dans le champ de tir latéral des canons.
Le créneau destiné à la conduite du tir comporte une console graduée identique à celle des canons ainsi qu’un support pour une lunette de visée. Le plancher grillagé de la cloche permet la transmission directe des ordres. Lorsque celle-ci n’est pas possible, un tube acoustique de dix centimètres de diamètre et une sonnerie électrique assurent la liaison entre les différents postes.