Ces guérites, construites à partir de 1914 dans le cadre des fortifications allemandes (Moselstellung), constituent les plus petits abris bétonnés prévus pour assurer à un homme une protection individuelle lors de la surveillance rapprochée du terrain.
-Fonction et usage:
Elles servaient à :
- abriter une sentinelle chargée de la surveillance extérieure (chemin couvert, réseaux de fil de fer, fossé, etc.)
- observer discrètement les abords immédiats du fort ou du point d’appui
- dans certains cas, servir de poste de guet avancé nocturne ou de protection pour une patrouille isolée
Elles ont souvent été installées en complément des abris métalliques de type “escargot”, dans les zones où le béton était jugé plus durable ou nécessaire à cause de la vulnérabilité du terrain.
-Description technique:
- Réalisées en béton armé coulé sur place
- Épaisseur des parois : entre 15 et 25 cm selon le modèle et l’exposition
- Hauteur intérieure : environ 1,50 à 1,60 m (l’homme s’y tient accroupi)
- Toiture légèrement bombée, parfois renforcée d’une armature métallique
- Ouverture d’accès étroite à l’arrière, souvent fermée par un volet métallique ou une plaque de bois
- Créneau frontal étroit pour l’observation, parfois élargi pour permettre le tir au fusil
- Aucune ventilation ou confort intérieur, la guérite étant prévue pour de courtes durées d’occupation
-Implantation:
Elles sont le plus souvent intégrées au réseau de défense :
- En bordure de fossé défensif, de chemins couverts ou sur les crêtes d’observation
- Parfois camouflées dans la végétation ou semi-enterrées
- Associées à des tranchées bétonnées ou à des postes téléphoniques d’infanterie permettant de signaler un mouvement ennemi
-Protection:
Elles offrent une bonne résistance contre :
- le feu d’infanterie (calibres légers et moyens)
- les éclats de shrapnels et d’obus de petit calibre
Elles ne sont cependant pas conçues pour résister à un tir direct d’artillerie lourde, leur rôle étant avant tout l’observation et l’alerte précoce.