LA SITUATION
La ville de Metz se situe au confluent de la Seille et de la Moselle. Sur la rive gauche de la Moselle, le plateau de Saint‑Quentin, culminant à environ 360 mètres d’altitude, domine la vallée et la ville d’environ 200 mètres. Ce relief constitue un point stratégique et un repère naturel majeur dans le paysage messin.
À environ huit kilomètres à l’ouest, s’étend une ligne de hauteurs formée de grès, recouverte d’une mince couche de végétation. Cet ensemble, partiellement boisé, est entaillé par trois ravins profonds, dont celui de la Mance.
Sur la rive droite de la Moselle, le plateau présente une nature argileuse, moins élevée, avec des pentes plus douces. Il est découpé par cinq vallées principales, parmi lesquelles celle de la Seille. Au nord de la ville s’ouvre une vaste plaine qui marque la transition vers les paysages plus ouverts de la région.
L’HISTOIRE
L’origine de Metz remonte à une époque très ancienne. Fondée par les Gaulois sous le nom de Divodurum, la cité est ensuite fortifiée par les Romains, qui la nomment Mediomatrix. De cette appellation découlent les formes successives Métae, Métis, puis Metz. Au cours des siècles suivants, la ville subit plusieurs invasions : elle est détruite par les Vandales en 406, puis par les Huns en 451.
Occupée ensuite par les Francs, Metz devient en 511, à la mort de Clovis, la capitale de l’Austrasie, considérée comme le berceau de la dynastie carolingienne. Lors du traité de Verdun en 843, elle revient à Lothaire et devient capitale de la Lotharingie. En 921, elle est rattachée à l’Empire germanique et, profitant des troubles du Moyen Âge, acquiert le statut de ville libre, qu’elle conserve de 1212 à 1512. À cette époque, elle est protégée par une enceinte comprenant soixante-huit tours et dix-sept portes.
Le 10 avril 1552, le roi Henri II de France prend Metz. L’empereur Charles Quint tente de reprendre la cité et en commence le siège le 19 octobre de la même année. La défense est assurée avec courage par le duc François de Guise. L’hiver rigoureux, les maladies et le manque de vivres déciment l’armée impériale, qui perd environ trente-cinq mille hommes et lève le siège le 23 novembre 1552. Metz reste française, situation confirmée par le traité de Westphalie en 1648.
Entre 1556 et 1562, une citadelle est construite dans la ville sur ordre d’Henri II. Au XVIIe siècle, Vauban renforce plusieurs secteurs défensifs, notamment le front de Chambière et celui de la citadelle, en y ajoutant un ouvrage à cornes. Fidèle au proverbe qui lui est attribué — « toute ville assiégée par Vauban, ville prise ; toute ville défendue par Vauban, ville imprenable » — son intervention vise à optimiser la résistance de la place. Faute de moyens financiers, une partie de ses projets demeure toutefois inachevée.
Au siècle suivant, l’ingénieur Cormontaigne reprend les idées de Vauban et fait ériger une enceinte bastionnée accompagnée d’ouvrages avancés, tels que des redoutes et des lunettes. Il conçoit également deux forts à double couronne destinés à accueillir l’artillerie : le fort Moselle (édifié de 1728 à 1734) à l’ouest, face au mont Saint-Quentin, et le fort Bellecroix (construit de 1731 à 1749) à l’est, face à Saint-Julien.
Les anciennes fortifications médiévales sont alors démontées. À partir de 1797, sur ordre du Directoire, les fronts intérieurs de la citadelle sont rasés. En 1814, Metz subit plusieurs blocus, d’abord par les Prussiens, puis par les Russes, sans jamais être prise.
LES FORTS DETACHES
En 1859, l’apparition de l’artillerie rayée marque une évolution majeure dans l’art de la guerre. Cette innovation améliore considérablement la précision, la portée et la puissance des tirs, rendant les anciennes fortifications dépassées. Il devient alors nécessaire de concevoir un nouveau système défensif.
La solution adoptée consiste à construire des ouvrages détachés, situés à au moins quatre kilomètres de l’enceinte urbaine, afin de mettre la ville hors de portée des canons ennemis. Faute de crédits suffisants, la mise en œuvre de ce projet est retardée. Seules Paris et Lyon sont d’abord pourvues d’une ceinture complète de forts détachés.
À Metz, les travaux ne débutent véritablement qu’en 1867. La conception et la réalisation de ce nouveau dispositif de défense sont confiées au colonel Séré de Rivières, chef du Génie à Metz de 1864 à 1869.
Les forts construits à cette époque adoptent un tracé bastionné, avec un parapet destiné à l’infanterie et à l’artillerie chargée de défendre le fossé. L’une des principales innovations réside dans l’introduction d’un cavalier central de forme polygonale, indépendant du tracé bastionné. Cet ouvrage, fortement surélevé et ouvert à la gorge, accueille l’artillerie de longue portée, offrant ainsi de nouvelles capacités offensives.
Huit forts sont initialement prévus autour de Metz. Toutefois, en 1870, seuls quatre sont presque achevés : le fort de Saint-Julien au nord-est, le fort de Queuleu au sud-est, la redoute Diou à l’ouest et le fort de Plappeville au nord-ouest. En mai 1870, devant la menace de guerre, la construction est précipitée pour trois nouveaux ouvrages : le fort des Bordes, situé entre les deux forts de la rive droite, le fort de Saint-Privat au sud pour protéger la gare, et le fort de Saint-Éloi afin de fermer le front nord. Ces derniers ne seront cependant pas achevés et ne serviront que de batteries intermédiaires semi-permanentes.
Au sein du fort de Bellecroix, afin de pallier l’absence du fort des Bordes, un cavalier est édifié à l’arrière de l’aile gauche, tandis qu’une lunette dotée d’un cavalier est construite à l’avant, en direction de Vallières. De même, au fort Moselle, une batterie casematée est aménagée dans le flanc droit pour remplacer le rôle du fort de Saint-Éloi.
Telle est la situation défensive de la place forte de Metz en août 1870.
METZ ET LA GUERRE DE 1870-1871
Au moment de la déclaration de guerre de la France à la Prusse, le plan de Napoléon III confère à Metz un rôle avant tout offensif. La place doit servir à la fois de point d’appui pour l’armée de campagne lors de son avance et de point de repli en cas de revers. Elle doit également constituer un centre logistique, chargé de fournir vivres, munitions et matériel à l’armée en marche.
Dans le dispositif initial, l’armée principale est concentrée autour de Metz, une autre à Strasbourg, tandis qu’une réserve se trouve au camp de Châlons. Ces forces doivent converger pour lancer l’offensive. Cependant, plusieurs obstacles compromettent rapidement ce plan : les communications sont déficientes, notamment à cause du chemin de fer inachevé entre Metz et Châlons, et la mobilisation des troupes se révèle lente et désordonnée. Les armées allemandes, mieux préparées, prennent ainsi l’avantage dès le début des opérations.
Face à cette situation, Napoléon III renonce à l’offensive et adopte une position défensive, confiant la protection des principales places, notamment Metz et Strasbourg, à leurs garnisons.
Au début du mois d’août 1870, l’aile droite, sous le commandement du maréchal Mac‑Mahon, se positionne à Wœrth et Bitche, tandis que l’aile gauche du maréchal Bazaine occupe Spicheren, Forbach, Saint‑Avold, Boulay, Bouzonville et Sierck. L’Empereur conserve à Metz le corps de la Garde impériale, tandis que les troupes du maréchal Canrobert, venues de Châlons, s’y rassemblent également.
Les premiers engagements tournent mal : Mac‑Mahon est battu à Wissembourg le 4 août, puis à Froeschwiller le 6 août ; Bazaine subit une défaite à Spicheren le même jour. Tandis que Mac‑Mahon se replie vers Châlons, Bazaine concentre son armée à Metz, sous la protection des forts de Queuleu et de Saint‑Julien. Sa retraite vers l’ouest ne débute que le 14 août, retardée par la bataille de Borny, où les Allemands attaquent.
Profitant de ces lenteurs, les armées allemandes s’emparent des passages de la Moselle, de Frouard à Corny, puis remontent vers la route de Metz à Verdun. Le 16 août, elles stoppent la progression française à Gravelotte‑Rezonville. Le 17, Bazaine se replie sur les hauteurs à l’ouest de Metz, mais, le 18, après une bataille longue et meurtrière, il en est délogé de nouveau. Le lendemain, les troupes françaises se retranchent dans Metz, à l’abri des forts de l’ouest.
Le 19 août 1870, le maréchal Bazaine se retrouve enfermé à Metz avec son armée, acceptant pratiquement l’encerclement. Le blocus de la place est alors total. Malgré quelques escarmouches, il ne tente pas de percée sérieuse. Pendant ce temps, Mac‑Mahon, en retraite vers la Meuse, espère une jonction avec lui, qui ne viendra jamais.
Début septembre, l’armée de Mac‑Mahon est encerclée à Sedan et doit capituler le 2 septembre 1870. Napoléon III est fait prisonnier, l’impératrice Eugénie s’enfuit en Angleterre avec le prince impérial, et la République est proclamée à Paris.
À Metz, la situation devient désespérée : les vivres manquent, les soldats abattent leurs chevaux pour se nourrir. Le 27 octobre 1870, Bazaine capitule faute de ressources. Environ 170 000 hommes se rendent, avec leurs armes, aux 180 000 Allemands qui les encerclent. La ville est occupée, les drapeaux prussiens flottent sur les forts, et les soldats français sont faits prisonniers. Bazaine quitte la ville sous protection allemande pour éviter la colère populaire.
Après la guerre, il sera traduit devant un conseil de guerre, dégradé et condamné à mort. Réfugié en Espagne après s’être évadé, il y terminera sa vie.
Durant la guerre, la place de Metz n’a servi qu’à l’approvisionnement pendant la mobilisation et le déploiement de l’armée. Elle n’a rempli ni le rôle offensif prévu par Napoléon III, ni pleinement sa fonction défensive, car l’armée de Bazaine a été encerclée avant que les forts ne puissent réellement être mis à contribution.
Il faut noter que, même si la ceinture de forts offrait une certaine protection, elle comportait encore de larges lacunes : nombre d’ouvrages étaient inachevés ou trop faibles pour résister à un siège prolongé.
METZ, FORTERESSE ALLEMANDE
La proclamation de l’Empire allemand, le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, symbolise l’unification de l’Allemagne sous la direction de la Prusse après la victoire contre la France lors de la guerre de 1870-1871.
Le traité de Francfort du 10 mai 1871 consacre la défaite française et impose la cession de l’Alsace, sauf Belfort, et d’une partie de la Lorraine, autour de Metz, Thionville et Château-Salins, à l’Empire allemand. Ces territoires formeront le Reichsland Elsaß-Lothringen, administré directement par Berlin.
Les forteresses que tu cites illustrent bien l’importance stratégique de la région : certaines sont déclassées, d’autres modernisées pour défendre la nouvelle frontière de l’Empire.
Dès la prise de Metz, le colonel Schott, nommé premier officier‑ingénieur de la place, reçoit pour mission du Grand Quartier Général de lancer sans délai les travaux de fortification. Classée comme forteresse de première importance, la ville bénéficie de crédits considérables. On s’aperçoit rapidement que les nouveaux ouvrages sont trop proches de l’agglomération, mais leur avancement et leur ampleur rendent tout abandon impossible. Le fort de Queuleu devient alors le plus vaste fort de l’Empire allemand. À partir de 1871, les autorités allemandes achèvent selon leurs propres conceptions les travaux commencés par les Français et complètent la ceinture défensive, attribuant à chaque fort le nom d’un de leurs célèbres généraux. Ces forts, de type polygonal, disposent de caponnières assurant le flanquement des fossés.
La priorité est donnée à la protection du front ouest, en particulier du Mont Saint‑Quentin, point d’observation stratégique pour la défense de la place. Sur l’extrémité ouest du plateau, le fort Mainstein (Gérardin) est relié par deux parapets d’artillerie au fort Ost (Diou), formant un puissant ensemble de feu. Au nord‑ouest, le fort Kameke couvre le ravin de Saulny et la route de Thionville ; au nord, la redoute de Saint‑Éloy est remplacée par le fort Hindersin ; à l’est, le fort Zastrow prend la place de la redoute des Bordes ; au sud, le fort Prinz August von Württemberg succède à la redoute de Saint‑Privat. Pour fermer l’intervalle entre Saint‑Privat et le Mont Saint‑Quentin et contrôler la vallée de la Moselle, la batterie du Canal est construite.
En parallèle, les remparts urbains sont adaptés pour accueillir une artillerie plus puissante : renforcement des portes, installation de dispositifs de mines, création de magasins à poudre et d’abris. Au fort Steinmetz (Bellecroix), un magasin à poudre est creusé dans le bastion nord et une caserne blindée élevée à la gorge ; au fort Voigt‑Rhetz (Moselle), les Allemands construisent des casemates, des abris et d’autres dépôts de munitions. Entre 1872 et 1879, un télégraphe souterrain relie l’ensemble des ouvrages. Vers la fin des années 1870, un rempart bas destiné à l’infanterie est ajouté, deux mètres en contrebas du rempart principal, afin de compléter les positions d’artillerie.
L’APPARITION DE L’OBUS-TORPILLE
À partir de 1880, les progrès de l’artillerie se poursuivent. Les premiers obus à balles, ou shrapnels, équipés de fusées à double effet réglables, apparaissent et peuvent éclater au‑dessus des positions d’artillerie. Les servants, jadis protégés par parapets, parados et traverses, se retrouvent vulnérables sous la pluie de projectiles et d’éclats, rendant impossible l’usage des pièces à découvert. En 1885, la mélinite, nouvel explosif d’une puissance inédite, est mise au point ; dès l’année suivante, elle remplace la poudre noire dans les obus. Ces nouveaux projectiles, allongés et baptisés « obus‑torpilles », percent jusqu’à trois mètres de terre avant d’exploser au contact des voûtes, provoquant une véritable crise dans l’art de la fortification. Pour y faire face, il devient nécessaire d’adopter de nouveaux matériaux et de revoir l’organisation défensive : la maçonnerie et la terre cèdent la place au béton et au métal. Le béton de ciment, homogène et dur, limite la pénétration et l’éclatement, tandis que le métal assure une protection complète. À partir de 1887, les Allemands entreprennent donc de renforcer les forts et ouvrages par une couverture de béton spécial de un à deux mètres d’épaisseur reposant sur une couche de sable d’environ un mètre, et installent les premiers observatoires cuirassés. Le rempart d’artillerie est réaménagé pour permettre le flanquement du chemin couvert. Jugées trop exposées aux tirs plongeants, les caponnières de fossé sont remplacées par des coffres aménagés dans la contrescarpe. Enfin, la défense rapprochée est perfectionnée grâce à l’ajout d’un glacis, d’un réseau de fils de fer et d’un chemin couvert en avant du fossé.
Les Allemands complètent leur système défensif en installant des grilles de sécurité à deux niveaux : sur la contrescarpe et au pied de l’escarpe, afin d’empêcher toute approche directe de l’ennemi. L’artillerie des forts est alors disposée en batteries basses dans les intervalles, accompagnées de locaux à l’épreuve destinés à abriter à la fois les pièces (A‑Räume) et les munitions (M‑Räume). Entre les forts, on construit également des abris d’infanterie renforcés (I‑Räume), ce qui permet d’augmenter la résistance de la ligne de défense en donnant aux troupes abritées la possibilité de soutenir efficacement le feu des ouvrages principaux. Au total, pour la première ligne de défense, les Allemands réalisent dans les espaces intermédiaires environ :
- 31 abris pour l’artillerie,
- 32 abris à munitions,
- 28 abris d’infanterie.
Cette organisation structurée des intervalles assure la continuité du dispositif et offre à la garnison une protection ainsi qu’une capacité de tir bien supérieures celles des systèmes antérieurs.
LES CUIRASSEMENTS
Le major Schumann, officier du Génie prussien, joue un rôle déterminant dans la naissance de l’ère des cuirassements défensifs en Allemagne. Dès 1866, soit bien avant l’apparition de l’obus-torpille, il installe au fort Bingen à Mayence une première casemate cuirassée, marquant les débuts de l’utilisation du métal pour protéger à la fois les pièces d’artillerie et leurs servants. Le but est de permettre au personnel de continuer le service sous le feu ennemi.
Après avoir quitté l’armée, Schumann rejoint en 1872 les établissements Gruson, où il contribue activement à la mise au point de nouveaux systèmes de cuirassement. En 1873, il invente un affût hydraulique pour canon de 15 cm à tube long : ce dispositif réduit fortement le recul, facilite le pointage et permet de limiter la taille de l’embrasure. À partir de 1879, deux coupoles en fonte dure, abritant chacune deux pièces équipées de cet affût, sont installées au fort Kameke.
L’année 1878 voit la conception d’un cuirassement intégré à l’affût lui-même, la Panzerlafette. Schumann perfectionne ensuite ce modèle en 1883, aboutissant à l’affût-cuirassé destiné à protéger une seule pièce. Des essais menés par les usines Gruson, à la demande du gouvernement roumain, montrent en effet que deux canons placés sous la même calotte se perturbent mutuellement au tir ; Schumann confirme donc que son système doit rester à usage unique par canon.
En 1884, il publie un mémoire complet sur l’emploi des cuirassements, dans lequel il présente des concepts de forts circulaires de grande dimension capables de tirer dans toutes les directions et de concentrer jusqu’à une soixantaine de pièces de calibres variés. Bien que novateurs, ces projets sont jugés irréalistes par leur ampleur et leur coût.
L’année suivante, le général d’artillerie bavarois von Sauer apporte une réponse critique : il rejette l’idée des grands forts cuirassés de Schumann et prône au contraire une défense fondée sur de petits ouvrages dispersés, mieux adaptés à l’artillerie moderne, plus difficiles à repérer et moins vulnérables. Cette orientation marque une évolution décisive vers les fortifications éclatées et plus souples de la fin du XIXᵉ siècle.
LES BATTERIES CUIRASSEES
À partir de 1890, sous l’impulsion du major Schumann, les Allemands entreprennent la construction des premières batteries modernes équipées de tourelles pour affût‑cuirassé à Metz. Entre 1890 et 1893, deux batteries expérimentales sont installées, chacune comprenant deux tourelles pour obusiers de 21 cm montées sur affût‑cuirassé : l’une sur le plateau du Mont‑Saint‑Quentin, et l’autre entre les forts Kameke et Plappeville, appelée batterie du Chêne Ouest.
Fort de ces essais, l’armée allemande adopte ensuite un modèle de batterie réglementaire. De 1895 à 1897, elle construit selon ce modèle plusieurs ensembles plus aboutis : deux batteries de quatre tourelles pour obusier de 15 cm près du fort Alvensleben — les batteries de Plappeville Sud et Nord —, une autre entre les forts Kameke et Plappeville (batterie du Chêne Est), une entre les forts Zastrow et Goeben (batterie de Queuleu), et enfin une entre les forts Goeben et Prinz August von Württemberg, connue comme la batterie du Sablon.
Ces batteries, achevées en 1897, constituent l’ultime étape des travaux entrepris par les Allemands depuis 1871 pour compléter la ceinture défensive de Metz. L’ensemble, long d’environ 24 km, aligne forts, batteries classiques et batteries cuirassées, comptant au total 26 tourelles.
Ce concept de batterie cuirassée, qui sépare pour la première fois l’artillerie de l’infanterie conformément aux idées de Schumann et du général von Sauer, marque un tournant majeur dans l’évolution de la fortification allemande. Les réalisations de cette période ne sont toutefois qu’une introduction à un programme encore plus ambitieux lancé à partir de 1899, qui donnera naissance à des ouvrages bien plus puissants et perfectionnés.