Appelée communément « tourelle transportable », cette pièce d’artillerie est utilisée pour la défense rapprochée des batteries de campagne et pour soutenir les positions d’infanterie. Quarante de ces tourelles furent installées à Metz et dix à Thionville.
Elles étaient généralement disposées par groupes de deux, dans des emplacements en béton en forme de demi‑cercle, équipés de rails de 60 cm d’écartement et d’un système d’ancrage. On peut encore voir aujourd’hui des traces de ces installations, notamment au col de Lessy ainsi qu’aux positions Kellermann et Horimont.
L’affût cuirassé mobile se compose d’un cylindre en tôle muni d’un plancher et d’une porte à deux battants, fermé au-dessus par une coupole blindée pivotante. Celle‑ci repose d’un côté sur les trois bras d’une colonne fixée au châssis et, de l’autre, sur trois roulettes disposées à l’intérieur du cylindre. La rotation de la coupole s’effectue au moyen d’un volant. Le support du tube étant solidaire de la coupole, le recul est entièrement supprimé.
Le cylindre est renforcé sur sa partie supérieure par un anneau rivé et fixé à sa base sur un châssis monté sur quatre roulettes, permettant de déplacer l’ensemble. Le transport de la tourelle s’effectue à l’aide d’un chariot à deux roues tiré par trois chevaux.
La coupole blindée, épaisse de 40 mm, assure une protection efficace contre les tirs de canon de campagne et contre les éclats d’obus de calibres supérieurs. L’équipage se compose d’un chef de pièce et d’un canonnier. L’ensemble pèse 2,383 tonnes. La rotation complète de la tourelle s’effectue en 15 secondes et l’angle de tir vertical varie de –5° à +10°.
Chaque pièce dispose de 130 coups, répartis en trois types de munitions : les boîtes à mitraille, d’une portée de 400 m ; les shrapnells, efficaces jusqu’à 3 km ; et les obus, dont la portée atteint également 3 km.