Les abris de piquet, ou abris de rempart, sont des ouvrages à l’épreuve destinés à abriter les détachements de garde ou les fractions d’infanterie prêtes à occuper le parapet. Ils sont placés sous le parapet d’infanterie ou d’artillerie, sur le front de tête ou les flancs, de manière à être proches de la ligne de feu tout en offrant une bonne protection contre les éclats et les projectiles.
Leur structure est constituée d’une voûte en béton ou en maçonnerie épaisse, recouverte de deux à trois mètres de terre compactée. La largeur est d’environ 2,5 mètres, ce qui permet d’installer des banquettes ou des lits-volets rabattables le long des parois. Leur longueur varie selon la capacité voulue, généralement entre dix et vingt mètres, afin de loger une escouade.
L’intérieur comprend souvent des bancs de bois ou des lits rabattables, un poêle à charbon pour le chauffage avec un conduit débouchant à la crête du parapet, et un système de ventilation analogue à celui des casernements enterrés. L’éclairage est assuré par des lampes à huile, puis parfois par des lampes à acétylène ou électriques dans les forts modernisés avant 1914.
Ces abris servent de poste de repos et de veille pour les troupes affectées à la défense immédiate du parapet. En cas de bombardement, ils permettent aux soldats de se mettre à l’abri rapidement sans avoir à regagner les casernements souterrains plus profonds.